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Forum du spectateur L'aveuglement de José Saramago
C'était au Théâtre de Clermont l'Hérault le 7 février 2011 à 18h30
Traces sonores
Ces traces sonores sont des extraits montés à partir de l'enregistrement audio du Forum des Spectateurs.
L’Aveuglement a été créé en janvier 2010.
En France, c’est la première adaptation pour le théâtre de l’auteur portugais José Saramago, prix Nobel de Littérature en 1998.
José Saramago (1922-2010)
Poète, romancier, essayiste, dramaturge, traduit dans de nombreuses langues, José Saramago a obtenu une quarantaine de prix littéraires internationaux, dont le prix Nobel en 1998.
Auteur engagé, ses prises de positions font de lui une conscience morale parfois contredite et dérangeante, mais entendue dans le monde entier. Adhérent critique du parti communiste portugais depuis 1969, parti alors interdit au Portugal, engagé dans la Révolution des œillets en 1974, José Saramago n’a jamais cessé de s’insurger contre l’injustice et les moindres atteintes aux Droits de l’Homme et à la dignité des êtres humains.
José Saramago, atteint d’une leucémie, meurt aux îles Canaries le 18 juin 2010.
La Compagnie Là-Bas Théâtre
Créée en 2001, implantée à Béziers, Là-bas théâtre est dirigée par Pierre Astrié, auteur, comédien et metteur en scène, et Denise Barreiros, comédienne. Tous deux ont travaillé ensemble au Brésil, où ils se sont rencontrés.
Six créations (dont 4 textes de Pierre Astrié) et de nombreux projets d’action culturelle et d’éducation artistique ont placé Là-bas théâtre parmi les compagnies les plus actives sur le plan de la création artistique régionale.
Ses spectacles ont été présentés régulièrement à Béziers et à Montpellier, mais aussi à Paris, en région PACA et, plus récemment, au CDR de Vire en Normandie.
Privilégiant l’écriture contemporaine, la compagnie propose aussi de nombreuses lectures théâtralisées, spectacles de forme légère, ateliers de réalisation, interventions liées aux créations, faisant ainsi partager son goût pour les textes à des publics très divers, y compris en milieu scolaire, carcéral ou associatif.
Pierre Astrié
Depuis son retour en France, il a travaillé entre autres pour la compagnie Théâtre au Présent (Montpellier), a été comédien et collaborateur artistique du Zinc Théâtre (Béziers) de 1993 à 1999. Depuis 2001, il intègre l’équipe de la compagnie Là-bas théâtre.
Il a toujours écrit, mais c’est seulement depuis son retour en France, qu’il a donné à lire ses textes. Plusieurs d’entre eux ont été créés au théâtre. Il a été accueilli en résidence d’auteur à la Maison d’artistes de Sérignan (de 1999 à 2001), à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (2003 et 2005), à La Filature du Pont de Fer de Lasalle en Cévennes (de mai 2006 à Janvier 2007).
L’un de ses textes les plus récents, Il ne s’était rien passé, a été retenu par les comités de lecture de La Comédie Française et du Théâtre du Rond-Point.
Denise Barreiros
Originaire de Rio de Janeiro, elle a initié son parcours de comédienne au Brésil. En France, elle a été comédienne pour plusieurs compagnies de la région.
En 2001, elle fonde la compagnie Là-bas théâtre avec Pierre Astrié et participe à toutes ses créations.
Denis Lanoy
Metteur en scène, il est le fondateur de la compagnie Triptyk-Théâtre, avec laquelle il a notamment créé : Karl Marx le retour de Howard Zinn, Foi Amour Espérance d'Ödön von Horvàth, Décalogue du dernier jour d’Emmanuel Darley, Sylvestre de Jean-Yves Picq, Têtes Farçues d’Eugène Durif… Il a également écrit et mise en scène Hors cadre, six textes pour le Musée des Beaux-arts de Nîmes. Il vient d’écrire et de mettre en scène Anthracite, un portrait de La Joconde. Denis Lanoy est par ailleurs formateur au Théâtre du Campagnol-CDN d’Arcueil et chargé de cours au Conservatoire de Montpellier.
La question revient souvent : comment avez-vous fait pour réduire un roman de près de 400 pages à une heure et demie de théâtre ? La question se posait pour nous un peu différemment : comment préserver l’essentiel quand toutes les phrases de l’auteur paraissent essentielles ? Ou encore : comment raconter l’humanité toute entière avec 3 acteurs ?
Alors s’est posée une autre question, pas des moindres : que va dire Saramago ?
L'adaptation du roman
Le roman est une fable très dense, une parabole ancrée dans la concrétude des évènements.
L’adaptation de Pierre Astrié a été approuvée par Saramago. Écrite en étroite collaboration avec le metteur en scène Denis Lanoy.
L’idée d’adapter L’Aveuglement pour le théâtre est née du désir de relayer le propos de Saramago, empreint de lucidité face au spectacle d’une société en marche vers un obscurantisme engendré par l’apprentissage programmé de l’ignorance et de l’individualisme.
Pour la deuxième fois, Là-bas théâtre invite un metteur en scène issu d’une autre famille théâtrale à s’associer à ses projets.
Notes de mise en scène
J’imagine le narrateur dans une sorte de cage lumineuse. Blanche. Pour se faire entendre de nous, il possède un microphone. Le livre de la narration est ouvert devant lui. Il le lit. En fait, il officie. Car cette histoire parabolique n’a de valeur que si elle est affirmée comme connue à l’avance. C’est un récit mille fois refait. L’histoire que l’humanité constituée et consciente d’elle-même se raconte afin d’affronter les contradictions de ce qui reste de nature en nous, les humains.
La lumière et l’utilisation d’un tulle devraient nous permettre de faire en sorte que « ces apparitions disparitions » aient tout de « l’incantation magique ». Je précise également que tout « le visible » sera blanc : costumes, éléments scénographiques, etc.
A proprement parler, il y a nécessité d’un décor sonore constant. Ce décor sonore permanent est à même de bouleverser l’ordre des choses. La perception, la mémorisation d’un spectacle de théâtre par un spectateur passe le plus souvent par « le visuel ». Ici, mon ambition est que la perception, la mémorisation, soient d’abord auditives.
La recherche des émotions et des affects à même de toucher les spectateurs doit passer par leurs oreilles. Il y aura donc priorité, pour les acteurs, à travailler les signes de la langue et du dire, davantage que les signes du corps en action. Les « images du visible » seront traitées comme des souvenirs photographiques, des souvenirs de l’inconscient. Leurs compositions seront extérieures au corps des acteurs. Je m’efforcerai de travailler comme un peintre ou un photographe qui disposerait, pour « l’éternité figée » les corps sur la toile ou le négatif.
Denis Lanoy, septembre 2009 |
LE FORUM DU SPECTATEUR
C’est un moment de rencontre d’après spectacle entre les artistes et le public dans sa diversité.
Le Forum a lieu quelques jours après la représentation pour affirmer son existence singulière et permettre le temps de la réfleion vis à vis du spectacle. Il peut également avoir lieu à l'issue de la représentation et donner lieu à des réactions plus immédiates.
Le public est invité à formuler son regard sur les œuvres et réfléchir aux problématiques qui leur sont propres : leur réception, leur accessibilité, leur poésie, leur forme, la pertinence du travail artistique… C’est l’endroit de l’expression publique.
Le Forum a lieu quelques jours après la représentation pour affirmer son existence singulière et permettre le temps de la réfleion vis à vis du spectacle. Il peut également avoir lieu à l'issue de la représentation et donner lieu à des réactions plus immédiates.
Le public est invité à formuler son regard sur les œuvres et réfléchir aux problématiques qui leur sont propres : leur réception, leur accessibilité, leur poésie, leur forme, la pertinence du travail artistique… C’est l’endroit de l’expression publique.
