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Forum du spectateur
Une phrase pour ma mère de Christian Prigent
C'était au Théâtre de Clermont l'Hérault le 18 octobre 2010 à 18h30
Traces sonores
Ces traces sonores sont des extraits montés à partir de l'enregistrement audio du Forum des Spectateurs.
1-Présentation de l'artiste :
2-Présentation du spectacle : 3-De la langue au spectacle : 4-L'interprétation : 5-Le corps : 6-Génèse de l'écriture : Réactions écrites du public présent au Forum du Spectateur
J'ai été emporté par la richesse et la saveur des mots, le rythme cadencé, les inventions vocables.
Les mots paraissaient seuls sur scène tant l'incarnation ou la désincarnation de Jean-Marc Bourg était parfaite.
L'histoire racontée, avec une dramaturgie cocasse, rappelle à chacun le lien intime qui nous unit à notre mère.
Frédéric FRANCOIS
La langue de Christian Prigent s'incarne dans le corps de Jean-Marc Bourg qui devient - au fil de la phrase, des rythmes, de l'éclairage qui construit un cheminement plastique - qui devient donc matière dont la consistance, l'appréhension se modifient en jeu pluriel : parfois par un déjà là qu'il révèle, parfois en s'insinuant presque dans la chair.
Ce rythme semble s'organiser autour d'un point d'origine - le thème - d'où ça part, qui revient, que nous attendons : "la mamère". La langue de Christian Prigent qui "rondit" comme ce lieu innommable du corps de "la mamère", cette langue singulièrement inventée nous parle en parlant de chacun à lui - même et nous prend avec dans l'universel humain.
La présence de Jean-Marc Bourg donne à entendre cette langue dans son rapport d'intimité avec le corps. Cela m'évoque "La maladie de la chair" de Bernard Noël : l'intime de la construction fantasmatique du narrateur à partir du vu, du vécu du corps infirme et jouissant du père révélé à un toi enfin pris dans ce dévoilement indicible.
Françoise PLANAS
Jean-Marc Bourg, comédien
A mis en scène 30 spectacles (environ).
A été comédien dans 37 pièces mises en scène par 20 metteurs en scène, dont lui-même.
A réalisé plus de 200 lectures publiques.
A conçu et réalisé plusieurs manifestations (ou festivals) de théâtre et d'écriture.
A créé un lieu de résidences d'écriture (2002-2005).
A collaboré avec un nombre indéterminé d'écrivains (1994-2010).
Leur a passé un nombre tout aussi indéterminé de commandes, mais supérieur à 50.
A donné en matière de pédagogie.
A dirigé (ou co-) deux compagnies théâtrales (1985-2007).
Les deux compagnies théâtrales
Après quelques mises en scènes occasionnelles à la fin des années 80, la Compagnie Labyrinthes, en résidence à Sigean (Aude), crée Don Juan revient de guerre d'Horvàth en 1992. A la suite de cette expérience naît une nouvelle compagnie, dirigée par un collectif artistique, Abattoir, en résidence permanente à Sigean.
La compagnie Abattoir y poursuit son activité de création et y développe aussi, tout au long de l'année, des résidences d'écrivain, des résidences de compagnies, des cycles de lectures, ainsi qu'un travail de programmation. Les deux dernières années sont marquées par la création de THEÂTRES, rencontres théâtrales d'été auxquelles participent de nombreux écrivains et des compagnies régionales.
En 1997, après l'arrêt de la résidence à Sigean, Abattoir décide d'arrêter ses activités.
Labyrinthes revoit alors le jour, accueillie par Jean-Claude Fall en résidence au Théâtre des 13 Vents - CDN de Montpellier. Tout un travail de permanence se met en place (en termes d'activités comme en termes d'emplois), un écrivain rejoint la compagnie.
Labyrinthes consacre son travail à la découverte et à la diffusion des écritures contemporaines. Ce projet, "Pour un théâtre de recherche et de création", fait alterner travaux de création et travaux de recherche dans une collaboration étroite avec les écrivains.
Labyrinthes a aussi passé des commandes d’écriture pour chacune de ses créations à Daniel Lemahieu, Marion Aubert, Emmanuel Darley, Mickaël Glück, Laurent Gaudé, Camille Laurens, Christian Prigent…
Sinon, Jean-Marc Bourg
Vit toujours, dans une ville du sud de la France.
Privilégie désormais son travail de comédien.
Continue de mettre en scène, parfois.
Une phrase pour ma mère
Une “phrase” unique, ressassée, scandée de refrains obsessionnels, trouée d’apartés réflexifs et de digressions, s’enroule en un long lamento-bouffe. C'est un texte que je continue de trouver à la fois burlesque et terriblement musical.
La langue est une maladie contagieuse. La jouer, (la dire, simplement) s'apparente à une recherche de vaccin. Il faut s'inoculer à soi-même le germe. Tenter de parler cette langue-là, très précisément, son souffle, son rythme. Il faut faire de son propre corps, de sa propre tête, le terrain de l'expérience. Et assister chaque jour à l’avancée des dégâts. La mise en scène n’est pas un excès, un ajout, quelque chose qui vient par dessus, recouvrir le texte. Elle est par nature un défaut, un retrait, quelque chose qui vient d’en dessous, découvrir le texte ; soustraire l’encombrant, l’inutile. Tenter dans son appréhension des mots et du sens, de ne pas faire écran. Disparaître. Laisser la place. Cela ne se signe pas, du moins pas plus que n’importe quel travail d’écoute, d’observation, de compréhension. Scruter n’est pas créer. Ce travail de transmission n’est pas un travail de modestie. Mais d’exigence. Ce qui s’apprécie dans une mise en scène (et mise en scène, par la simplicité des trois mots qui le composent, est un mot juste) ce n’est pas le brio ni l’intelligence de celui qui paraît-il tire les ficelles du spectacle, c’est sa capacité à ne pas venir s’imposer entre l’œuvre et le spectateur, c’est la qualité d’écoute qu’il parvient à mettre en œuvre. La qualité du regard. Ou bien encore, juste ça : la coexistence du texte et du plateau. Réinventer à chaque spectacle le rapport du spectateur au texte. Jean-Marc Bourg
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LE FORUM DU SPECTATEUR
C’est un moment de rencontre d’après spectacle entre les artistes et le public dans sa diversité.
Le Forum a lieu quelques jours après la représentation pour affirmer son existence singulière et permettre le temps de la réfleion vis à vis du spectacle. Il peut également avoir lieu à l'issue de la représentation et donner lieu à des réactions plus immédiates.
Le public est invité à formuler son regard sur les œuvres et réfléchir aux problématiques qui leur sont propres : leur réception, leur accessibilité, leur poésie, leur forme, la pertinence du travail artistique… C’est l’endroit de l’expression publique.
Le Forum a lieu quelques jours après la représentation pour affirmer son existence singulière et permettre le temps de la réfleion vis à vis du spectacle. Il peut également avoir lieu à l'issue de la représentation et donner lieu à des réactions plus immédiates.
Le public est invité à formuler son regard sur les œuvres et réfléchir aux problématiques qui leur sont propres : leur réception, leur accessibilité, leur poésie, leur forme, la pertinence du travail artistique… C’est l’endroit de l’expression publique.

