| historique Au début du Second Empire, un groupe de riches Clermontais regroupés dans une société d'actionnaires présidée par Jules Crémieux se sont lancés dans la construction d'un théâtre, au coût énorme pour l'époque de 40 000 francs or, qui fut inauguré en 1856. Cette salle à l'italienne de 400 places, conçue à l'imitation de celle de Montpellier, avec parterre, deux étages de balcons et un poulailler, était richement décorée de toiles peintes. Malheureusement, l'entreprise se révéla rapidement déficitaire et celui qui l'animait, le littérateur Gustave Delpon, y perdit toute sa fortune. Mis en vente à la demande des créanciers, le Théâtre fut racheté par la Ville de Clermont l'Hérault en 1873 avec l'objectif suivant : « dans l'intérêt de l'art théâtral, dans le but d'instruire et de moraliser les classes ouvrières et de les arracher à la fréquentation funeste des cabarets, enfin en présence du désir manifesté par la population tout entière ». On reconnaît là les préoccupations et le style de l'époque où Zola rédigeait la série des Rougon-Macquart.
Pendant un siècle, le Théâtre devient le centre de la vie culturelle et sociale du Clermontais. Il accueille des troupes professionnelles avec une programmation de théâtre, d'opérettes et d'opéras comiques, des revues en tournées (tournées Tichadel, gala Karsenty), des orchestres, des troupes et musiciens amateurs locaux. La salle est souvent pleine et le public appartient à toutes les catégories sociales. C'est paradoxalement pendant la deuxième guerre mondiale que la programation atteint son apogée : des troupes prestigieuses, repliées en zone libre, ne rechignent pas, nécessité faisant loi, à venir jouer de grandes pièces. On vient ainsi applaudir Pierre Brasseur, Odette Joyeux, Claude Dauphin, Jean Nohain... Un siècle après sa création, le Théâtre a beaucoup vieilli. Les sièges sont étroits et inconfortables et, surtout, la structure intérieure faite de bois et de stuc est considérée comme dangereuse. Sur injonction du Préfet, le Maire Jean Rouaud en décide la fermeture, la commune n'ayant pas les moyens de financer sa rénovation. Ainsi se referme, au regret de tous, une période glorieuse du Théâtre. Il faut attendre 1984 pour qu'à l'instigation du Sénateur-Maire Marcel Vidal, le Théâtre reprenne vie grâce aux subventions du Ministère de la Culture, de la Région, du Département et de la DATAR. La vieille structure intérieure à l'italienne est détruite et remplacée par une salle moderne, de moindre capacité (200 places), mais plus confortable. Jean-Louis Estany est alors nommé directeur de l'établissement, poste qu'il occupe jusqu'en 1987. Remplacé par Robin Bayley jusqu'en 1998, il est alors rappelé par Marcel Vidal pour reprendre la direction du Théâtre, qu'il occupe toujours actuellement. Pendant toutes ces années, sous son impulsion, avec le soutien de la Ville de Clermont l'Hérault et du Département - soutien qui a pris une ampleur nouvelle après l'élection en 2001 du Maire Alain Cazorla - le Théâtre n'a cessé d'élargir son action dans le territoire : mise en place d'ateliers en milieu scolaire dans les communes du Cœur d'Hérault, spectacles décentralisés en partenariat avec l'Agence Culturelle du Département et plusieurs municipalités. Cette politique s'inscrit en concordance avec l'orientation nouvelle prise en 2001 par l'Office Culturel Clermontais qui s'ouvre sur le public et le territoire, en devenant Office Culturel du Clermontais. En 2007, une étape nouvelle est franchie. Jean-Louis Estany était par ailleurs directeur artistique de l'association « Le Champ de Lire » basée à Clermont l'Hérault. Cette structure spécialisée dans la lecture, les écritures, la poésie et la formation développait des actions régionales, nationales et internationales. A l'instigation de la Direction Régionale des Affaires Culturelles - Ministère de la Culture, des services culturels de la Région Languedoc-Roussillon, du Département de l'Hérault et de la Ville de Clermont l'Hérault, les deux structures Office Culturel du Clermontais et Le Champ de Lire ont fusionné par absorption du Champ de Lire, de son personnel et de ses actions, en vue de la création, au Théâtre, d'une « Scène conventionnée pour les écritures poétiques et scéniques ».
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